HENRI PAUL RUIZ revient comme Directeur Général des Services à SAINT TROPEZ !
De formation juridique, il a effectué toute sa carrière dans la fonction publique territoriale.
En 2003, il s'était momentanément éloigné du golfe pour occuper un poste à un autre échelon, au sein du conseil général de la Creuse.
Contacté par Jean-Pierre Tuveri, celui qui se définit comme un homme de dossiers, « a pris sa décision très rapidement ». Le nouveau binôme partage le même dessein : « reconstituer une équipe municipale avec des gens compétents qui ont la mémoire des lieux ».
M. le maire, qu'est-ce qui a motivé votre choix ?
J'ai eu l'occasion de l'apprécier quand j'étais dans l'opposition, autant pour ses compétences que pour sa courtoisie. Il a le calme nécessaire pour assumer cette fonction.
Le fait qu'il ait déjà occupé ce poste, à Saint-Tropez pendant deux ans, a compté...
Je recherchais quelqu'un qui connaisse très bien les dossiers qui n'ont pas avancé ces dernières années. M. Ruiz avait assisté à la génèse des problèmes.
Il est à même de remotiver les agents. J'ai eu l'impression qu'il était apprécié d'une grande partie des agents de la commune. Ces éléments m'ont conduit à le recontacter.
Henri-Paul Ruiz : Avec M. le maire, nous avons une culture commune, celle de hauts fonctionnaires guidés par l'intérêt public. Je le perçois comme un maire de proximité. Moi aussi, je suis un directeur général de proximité soucieux de répondre aux problèmes de la vie de tous les jours.
M. Ruiz aura pour tâche de poursuivre la réorganisation des services déjà en cours.
J.-P. Tuveri : Elle est presque terminée. L'idée, c'est que l'organigramme soit plus hiérarchisé. Auparavant, certaines fonctions n'étaient parfois pas très bien définies.
H.-P. Ruiz : Dans l'époque que nous vivons, le mot réorganisation ne signifie pas recommencement. Il s'agit plutôt de la capacité de l'administration à être réactive. La société est mouvante, les problèmes aussi. L'administration doit s'y adapter. L'organisation doit s'effectuer par rapport aux besoins.
Vous avez déjà procédé à celle de la police municipale.
J.-P. Tuveri : La brigade de nuit disposait de moyens restreints, surtout pendant la saison estivale. Lorsque l'on connaît les besoins exprimés par la population, nous avons redéployé les effectifs en ce sens.
Concrètement, quels autres services sont ciblés ?
H.-P. Ruiz : La priorité de l'année 2009 portera sur les services techniques qui affichent des besoins pressants, avec l'ensemble des corps de métiers. Notre réactivité est beaucoup trop faible quand les Tropéziens nous signalent certains problèmes.
Cela aura-t-il une incidence sur le budget ?
J.-P. Tuveri : On ne veut pas augmenter la masse salariale, qui représente environ 40 % des dépenses réelles de fonctionnement et qui limite notre marge de manoeuvre. Celle-ci augmente d'environ 300 000 euros par an, notamment avec l'ancienneté des agents. Nous avons la volonté de repartir sur des bases assainies car ce sont les finances qui conditionnent une partie de nos projets.
H.-P. Ruiz : Le redéploiement budgétaire profitera aux postes prioritaires. L'objectif n'est pas de moins faire, mais de mieux faire. Il y a la volonté de développer un état d'esprit. Le challenge consiste à cibler comment chaque euro est dépensé. Parfois on dépense sans penser aux recettes. C'est surtout un combat culturel.
Budget constant avec d'importants projets pourtant.
J.-P. Tuveri : Nous avons un programme ambitieux avec des investissements pluri-annuels d'un montant de 40 millions d'euros : la réhabilitation de la vieille ville, le projet muséal, la rénovation de la chapelle Saint-Anne...
H.-P. Ruiz : Et tous les projets de proximité : le logement, les conditions d'accueil des enfants. Ce mandat sera juste suffisant pour les mener à terme. Pour ce qui sera mon dernier poste, je me considère au service de ce village auquel je suis très attaché.
Allez-vous créer de nouveaux services ?
J.-P. Tuveri : Non, il y a plutôt une tendance à réduire. Il s'agit plutôt d'une notion de pôle de compétences avec des élus gérant plusieurs portefeuilles. Le mot clé est décloisonnement afin d'augmenter l'efficacité. Quand je suis arrivé, j'ai trouvé une mairie très cloisonnée.
Peut-on faire ressortir un dossier prioritaire ?
H.-P. Ruiz : Ils le sont tous. Le plus proche concerne le débat d'orientation budgétaire.
J.-P. Tuveri : L'innovation est de faire correspondre l'année budgétaire avec l'année civile. Une révolution culturelle, surtout dans l'année de transition.