NOUVELLE CALEDONIE : réunion du Comité des signataires à Paris ce lundi 08 décembre
2008.
Photo d'archives propriété de l'équipe de direction de ce blog : SIMON LOUECKHOTE au SENAT avec le Président CHRISTIAN PONCELET et le Ministre de l'époque FRANCOIS
BAROIN.
Article en provenance du Journal LES NOUVELLES CALEDONIENNES du 03/12/2008.
Les signataires effectifs (Pierre Frogier, Bernard Deladrière, Simon Loueckhote, Harold Martin, Paul
Néaoutyine, Victor Tutugoro et Roch Wamytan) mais aussi, comme l’an dernier, les parlementaires et les présidents du gouvernement, du Congrès et des
provinces (ce qui ouvre la porte à Philippe Gomès pour Calédonie ensemble) : c’est la composition officielle du Comité des signataires, les groupes politiques ayant latitude
d’étoffer leur délégation.
Certains étaient déjà à Paris après avoir enchaîné l’inauguration de la Maison de la
Nouvelle-Calédonie et le congrès des maires de France, et ceux qui étaient ici sont pour la plupart partis ou en instance de départ. Pour quelques jours, l’épicentre
politique calédonien se déplace donc sur les lieux mêmes où, avec Michel Rocard, Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou ont scellé la paix d’une
poignée de main, voici vingt ans.
Le temps fort politique annuel qu’est le Comité des signataires ne se limite cependant pas à la rencontre solennelle de lundi à Matignon, sous la présidence du Premier ministre. Elle sera
précédée vendredi par des « rencontres bilatérales » entre les groupes politiques et l’État, et sera suivie par toute une série de réunions techniques dans les ministères
concernés à un degré ou un autre par les dossiers calédoniens.
Dans sa lettre d’invitation, le Premier ministre a, d’autorité, inscrit à l’ordre du jour la question centrale des transferts de compétence. Mais en cette fin de mandature, et à la veille des
élections provinciales qui ouvriront la troisième et dernière mandature complète avant la fin du processus de l’accord de Nouméa, tous les groupes politiques ont été invités à faire connaître les
sujets qu’ils souhaitent aborder avec l’État et leurs partenaires. Petit tour d’horizon.
Le Rassemblement-UMP
La délégation conduite par Pierre Frogier, avec autour de lui Gaël
Yanno, Eric Gay, Bernard Deladrière, Virginie Ruffenach, Henriette Falelavaki et Silipeleto
Muliakaaka, fait des transferts de compétence la question centrale de ce Comité des signataires 2008.
Le Rassemblement a l’intention de se montrer « extrêmement ferme » sur le transfert de l’enseignement, surtout après l’annonce de la suppression de 25 postes d’enseignants en 2009, ce
qui est selon lui contraire aux engagements pris par l’État lors du dernier comité de pilotage sur les transferts.
« Cette suppression est malvenue, indiquait lundi Eric Gay depuis Paris. Nous espérons qu’il s’agit seulement d’une fausse
manœuvre et qu’on ne touchera pas au nombre de postes nécessaires à la qualité de l’enseignement en Nouvelle-Calédonie. Nous allons demander le respect total de ce principe. »
Au-delà des transferts, le Rassemblement souhaite que ce Comité des signataires soit, comme d’habitude, l’occasion de faire le point de ce qui a avancé ou pas par rapport à l’an dernier, et des
préoccupations techniques et politiques autour de la mise en œuvre de l’accord de Nouméa.
Le FLNKS
Outre les transferts, la délégation du FLNKS conduite par Victor Tutugoro et Paul Néaoutyine, et qui comprend Adolphe Digoué, Charles
Washetine, André Némia, Aloisio Sako, Gilbert Tuiyenon, Néko Hnépéune, Damien Yeiwéné et
Roch Wamytan, a souhaité évoquer quatre sujets particuliers. Un, le calendrier de modification de la loi organique, pour ce qui est déjà acté
entre partenaires et ce qui doit être ajouté pour tenir compte des transferts. Deux, la question du nickel, et la montée de la Nouvelle-Calédonie au capital de la SLN. Trois, le « cadrage
par l’État » de la mission des magistrats qui doit venir superviser la modification de la liste électorale spéciale, qui pour la première fois en 2008 devra tenir compte du gel du corps
électoral provincial. Et quatre enfin, bien qu’ils reconnaissent qu’il s‘agit plutôt d’une question interne à la Calédonie, les indépendantistes veulent demander à l’État de mettre son poids dans
la balance pour convaincre Pierre Frogier d’inscrire à l’ordre du jour du Congrès un certain nombre de dossiers qu’ils jugent en retard, comme le schéma minier, l’emploi local ou les signes
identitaires.
Au nom de la province Nord, Paul Néaoutyine souhaite également évoquer des dossiers liés au financement de sa collectivité, qu’il s’agisse
des contrats de développement ou du développement de la zone Voh-Koné-Pouembout (VKP).
L’Union calédonienne, en son nom propre, veut également aborder quelques sujets qui lui tiennent à cœur : les flux migratoires, le recensement 2009 qui permettra de les quantifier, et pour finir
le découpage électoral des circonscriptions législatives. A noter que ni Charles Pidjot, pourtant signataire effectif de l’accord, ni Pascal Naouna, ne faisaient partie de la délégation à la date
d’hier. L’UC doit s’en expliquer aujourd’hui.
L’Avenir ensemble
Transferts, emploi local, signes identitaires, schéma minier, ouverture du paysage radiophonique et capital d’Eramet : ce sont les six points que la délégation de
l’Avenir ensemble, conduite par Harold Martin et comprenant Didier Leroux,
Pascal Vittori, Reine Chenot, Armande
Duraisin, Egomë Bako et Alesio Saliga entend poser sur la table du
Comité des signataires.
Pour le transfert de l’enseignement, l’Avenir ensemble estime qu’il ne suffit pas de défendre la qualité du système éducatif actuel, mais qu’il faut l’améliorer par davantage d’adaptation aux
réalités locales. Cela passe par un projet, mais aussi des équipements et des moyens. À cet égard, le parti veut discuter de la réalisation concrète du futur lycée polyvalent à dominante
professionnelle du Grand Nouméa, dont le projet traîne en longueur, et protester « contre la diminution des effectifs annoncée par le vice-recteur en contradiction avec tous les engagements
pris par l’État ».
L’Avenir ensemble veut également discuter avec l’État et les signataires de l’emploi local, les textes concernant la fonction publique ayant été transmis à l’ensemble des élus du Congrès pour
consultation, et ceux concernant le secteur privé étant en cours de rédaction avec l’aide d’une mission du Conseil d’État actuellement sur le territoire. Enfin, tout comme le FLNKS, l’Avenir
ensemble veut redire devant le Premier ministre que les textes concernant le schéma minier et les signes identitaires sont prêts, qu’ils sont prévus par l’accord et qu’il n’y a pas lieu de
retarder leur examen par le Congrès.
Hors du cadre strict de l’accord de Nouméa, la délégation Avenir ensemble veut également remettre sur le tapis la question de l’ouverture du paysage radiophonique, à laquelle elle est favorable,
et plaider le renforcement de la participation calédonienne dans le nickel, mais au sein du capital d’Eramet et non pas de la SLN comme le souhaitent les
provinces.
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander