Prise de position !

Dimanche 30 novembre 2008 7 30 /11 /2008 08:19

De Libération www.liberation.fr un article de Daniel SCHNEIDERMANN.

 

Comme l’histoire semble se répéter ! La Face cachée du Canard Enchaîné : ainsi l’Express en couverture présente-t-il les bonnes feuilles d’un livre sur le Canard, co-rédigé par Karl Laske (journaliste à Libération) et Laurent Valdiguié (journaliste à Paris Match). S’en souvient-on ? En 2003, c’est justement L’Express qui avait publié les bonnes feuilles de la Face cachée du Monde, enquête de Cohen et Péan dont la direction d’alors du quotidien ne devait jamais vraiment se remettre. Aujourd’hui donc, le Canard, «son magot, ses scoops, ses dérapages, ses liens secrets avec Sarkozy, Mitterrand et les autres ».

L’enquête, claire et solide, fera-t-elle tomber les dirigeants du Canard ? Cela semble peu probable. Examinons les reproches. Le Canard, très proche de Roland Dumas, aurait été mitterrandiste sous Mitterrand. Les observateurs le savaient déjà. Plus neuf : il serait coupable de sympathies sarkozystes sous Sarkozy. Ces sympathies se manifesteraient dans la fameuse page 2, où fourmillent chaque semaine les vacheries invérifiables des ministres les uns sur les autres. Sarkozyste, la page 2 ? Le lecteur moyen ne l’avait pas remarqué. On lira plus attentivement à l’avenir. Toujours à propos de cette fameuse page 2, on apprend que l’une de ses sources les plus régulières serait le ministre Hortefeux. Est-ce étonnant ? Il faut bien que les fameuses vacheries soient racontées par un témoin de première main !

Plus convaincant est le passage concernant «Le journal de Carla B.», publié chaque semaine en première page, et qui constitue en effet un ovni dans l’hebdomadaire. Etrange texte, par son insipidité, qui détonne avec le reste du journal. Davantage qu’insipide d’ailleurs, «Le journal de Carla B.» est ambigu. Il place le lecteur dans un étrange rapport de sympathie avec la signataire, censée y distiller ses confidences. Exemple de la semaine : «Carla B.» annonce qu’elle ne se rendra pas aux cérémonies du 25e anniversaire du prix Nobel de Lech Walesa. «La Pologne, je passe mon tour, surtout pour faire la révérence devant un gros catho réac.» Etc, etc. Ce «journal de Carla B.» justifie donc pleinement, à lui seul, la trouvaille de communication vers la gauche que fut (aussi) le remariage de l’actuel président avec la chanteuse opposée aux tests ADN, aux mauvaises blagues de Berlusconi et à l’expulsion de Marina Petrella. Or, qu’apprend-on ? Certains passages sont dictés au Canard par le conseiller de Sarkozy, Pierre Charon, qui en profite, comme il l’a confié aux auteurs, pour «faire passer des messages» que Bruni souhaite voir publiés dans le Canard.

Si c’est vrai, il est évidemment très ennuyeux de voir le Canard transformé en journal officieux de la cour. Et d’autant plus incompréhensible que le Canard, dans les grands journaux français d’aujourd’hui, est un des seuls qui n’aient strictement rien à attendre du pouvoir. Car le Canard est riche. Très riche. Le journal a accumulé un trésor de guerre de plusieurs dizaines de millions d’euros. Et ce magot s’arrondit d’année en année, le Canard se refusant à tout investissement extérieur, à toute diversification. Résultat : ses journalistes sont certainement les mieux payés de la presse écrite nationale. Les auteurs y insistent longuement. Mais cette richesse est-elle un crime ? Les puissants, au moins, y réfléchiront à deux fois avant de faire des procès.

Pour le reste, il est arrivé que le Canard se trompe, comme tout le monde. Il est arrivé qu’il étouffe des affaires par sympathie personnelle, ou politique, pour les mis en cause. Mais ces cas semblent l’exception. L’ambiance intérieure n’est pas conforme au mythe, les chefs n’aiment guère la contestation, les opposants sont savamment incités à partir. Comme ailleurs. La direction du Canard a refusé de recevoir Laske et Valdiguié. Est-ce à dire que le journal est plus opaque que les autres ? Il l’est sans doute autant. Et tout ce qui contribuera à faire la lumière sur ce journal est donc légitime.

Mais il ne faut pas jeter le palmipède avec l’eau de la mare. Du seul fait de ce modèle économique, qui lui permet de se passer de pub, l’hebdo est indispensable. Maintenu depuis près d’un siècle contre guerres et marées, ce modèle prouve qu’il est possible, sans rien demander à l’Etat, d’échapper à la sphère diabolique du people et de la quadrichromie. Cette longévité est évidemment un reproche permanent à tous ceux qui vivent de la pub, plus ou moins confortablement, plus ou moins contraints et forcés. Mais à l’heure où le Figaro de Dassault efface d’une photo une bague bling bling portée par la ministre de la Justice; où aucun média ne relève que le Président a signé personnellement un décret retardant de dix-sept jours la mutation d’un magistrat pour lui permettre de boucler une enquête mettant en cause son rival Villepin, un journal totalement indépendant, même s’il lui arrive de boiter, est plus nécessaire que jamais.

Par dgsmairiemetierarisque - Publié dans : Prise de position !
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Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /2008 10:48

Du site bien informé sur tout ce qui touche aux "magouilles internes" du SENAT et de l'ASSEMBLE NATIONALE www.journaldunassistant.typepad.fr , on en apprend de belles sur le député JEAN MARIE DEMANGE ( précisions : il s'agit d'un drame familial, et nous respectons les familles des deux personnes, mais le fait tragique met en lumière des pratiques SCANDALEUSES et CONNUES de tous, avec de l'argent public, alors...).

1068 Un député UMP, Jean-Marie Demange, s'est suicidé après avoir assassiné Karine, qui était à la fois sa maitresse et son assistante parlementaire.

Un suicide est toujours un drame, un assassinat encore plus. Dans cette affaire dramatique, ma pensée va d'abord à ma collègue, qui a commis l'erreur de mélanger vie privée et vie professionnelle. Se retrouver toute la journée, mais aussi le soir avec un dépressif, ça peut user. Elle ne le supportait pas et avait, semble-t-il décidé de partir. Elle a malheureusement payé cette décision au prix fort.

Quand on est la maitresse, donc dans une position "non stabilisée", être aussi l'assistante n'est pas sans risques. Quand la relation n'est plus bonne, partir implique de quitter aussi le poste, donc la paie. Ce n'est pas le parlementaire que cela dérange, surtout si c'est lui qui est à l'origine de la rupture. Il passera aux prud'hommes et ça lui coutera un peu, et en plus, ce sera pris sur l'enveloppe "assistant". Ce serait bien, tiens, que les sommes allouées au salarié licencié par les prud'hommes soient prises sur leur indemnité parlementaire.

Ce mélange des genres est plus fréquent qu'on ne le pense. Les parlementaires ayant une totale liberté de recrutement de leurs assistants, la tentation est grande d'utiliser cette enveloppe pour rémunérer des services que l'on pourrait difficilement faire entrer dans la catégorie "travail parlementaire". Souvent c'est la maitresse parisienne qui est salariée, c'est plus discret. En circonscription, ça finit par se voir et se savoir, et ce n'est pas toujours bon pour la réélection.

Ce double statut de compagne et assistante est source de problèmes. Comme l'assistante est recrutée sur d'autres critères que la stricte compétence professionnelle, cela peut créer des tensions au sein de l'équipe, les autres assistants assumant le boulot, pour un salaire parfois inférieur à celui de la maitresse "qui ne fout rien". Le raisonnement fonctionne de la même manière quand c'est l'épouse légitime qui émarge sur l'enveloppe collaborateur.

Il est difficile, sinon impossible de lutter contre ces pratiques. La seule chose qui a été mise en place est le plafonnement des sommes versée à un membre de la famille (conjoint et enfants) sur l'enveloppe parlementaire. Mais ce plafond étant assez haut (la moitié, soit autour de 3500 euros), ça laisse bien peu pour les "vrais" assistants, quand l'épouse n'assume pas grand chose. Attention, il arrive assez souvent que l'épouse ou l'un des enfants effectue un véritable travail de collaborateur parlementaire, et que la paie soit parfaitement justifiée. Sur ce sujet, c'est le flou le plus complet.


Extrait du site www.lepoint.fr

...Le député (UMP) de la 9e circonscription de la Moselle et ancien maire de Thionville, Jean-Marie Demange, a tué lundi matin sa compagne, avant de retourner l'arme contre lui et de se donner la mort. Le drame est survenu peu après 11 h 45, sur le balcon d'un immeuble du centre-ville, sous les yeux atterrés de nombreux riverains. Plusieurs d'entre eux auraient d'ailleurs tenté de le dissuader de passer à l'acte, sans y parvenir.

La victime, Karine A., 43 ans, gérante d'un restaurant et mère de deux enfants âgés de 13 et 15 ans, a été battue pendant près de dix minutes par Jean-Marie Demange, puis elle est morte "instantanément" de blessures à la tête causées par un ou plusieurs tirs de revolver de calibre 7,65 mm. Son agresseur, également père d'un enfant, s'est ensuite tiré une balle dans la tête, son corps ayant été retrouvé peu de temps après les faits dans l'appartement de la victime avec le revolver dans la main droite, selon le magistrat. Le médecin de 65 ans est également décédé instantanément de ses blessures. "Il n'y avait aucune possibilité de procéder à un quelconque acte de réanimation", a estimé Jean-François Mailhes. La piste d'une "affaire passionnelle" est évoquée. Sa compagne était sur le point de le quitter et Jean-Marie Demange était aussi marié, a précisé le procureur de Thionville. Selon une source policière, l'ancien maire était en instance de divorce.

"C'est une défaite très lourde"

Médecin angiologue âgé de 65 ans, Jean-Marie Demange avait sombré dans une profonde dépression après sa défaite aux élections municipales, en mars dernier. Maire de Thionville depuis 1995, il avait été battu par le socialiste Bertrand Mertz, alors qu'une quarantaine de voix seulement lui avaient fait défaut pour l'emporter au premier tour. Un an plus tôt, aux législatives de juin 2007, il avait conservé sans peine son fauteuil de député qu'il avait décroché pour la première fois en 1986, avec plus de 52 % des suffrages....

 

Le témoignage de la Maman de KARINE dans le REPUBLICAIN LORRAIN !

 

Karine Albert, abattue lundi par le député Jean-Marie Demange, laisse deux enfants anéantis, une mère prostrée dans la douleur et des proches dans l'incompréhension. Harcelée depuis des semaines par son meurtrier, la jeune femme refusait de porter plainte pour ne pas causer de tort à l'homme public qu'il était. (ACTUALISÉ À 15 H 30)

Karine Albert n'est pas seulement une victime collatérale de la folie meurtrière de Jean-Marie Demange. Sa maman Alberte, terrassée depuis sa disparition, veut le dire haut et fort avant que le souvenir de sa fille ne s'estompe sous le poids de la personnalité de son meurtrier : «Il a tué ma petite fille et c'est une minute de silence en sa mémoire que l'on observe à l'Assemblée nationale. Pour une mère à qui on a enlevé son enfant, c'est incompréhensible, insupportable. Elle ne méritait pas de finir comme ça. Karine était une belle personne, gentille, toujours disponible pour les autres. Elle lui a tant donné et en retour, il nous l'a enlevée. Elle a payé de sa vie de l'avoir quitté. Elle avait rompu avec cet homme qui ne voulait rien entendre. Il n'arrêtait pas de la harceler, si seulement elle m'avait écoutée ».

«Devenu invivable»

Le mois de septembre a marqué un tournant dans l'histoire sentimentale qui liait Karine Albert à Jean-Marie Demange. Six mois après sa défaite aux municipales, l'homme politique revit chaque jour son échec, ne parvient pas à se relever, «et devient invivable», ajoute Christine Gamberoni, une proche de la famille, amie depuis dix ans de Karine Albert.
Depuis le drame, elle demeure aux côtés de la maman âgée de 80 ans, l'aide à tenir. «Elle n'en pouvait plus et c'est peu dire ; Karine était une personnalité toute en douceur, à l'opposé du tempérament de Jean-Marie Demange. Ils se complétaient tous les deux. Elle a essayé par tous les moyens de l'aider à encaisser le coup des élections mais elle n'y est pas parvenue. Le temps et les événements les ont éloignés. Elle a alors souhaité mettre un terme à leur histoire ». Le début d'un calvaire dont on connaît le funeste épilogue.
Très proche de sa maman, la jeune mère de 43 ans, lui confiera rapidement ses craintes. Elles se parlent chaque jour, sont en contact permanent. «Elle ne voulait pas commencer une journée sans entendre que j'allais bien. Je n'ai plus mon mari, vous savez, alors elle veillait sur moi. Chaque jour, je devais l'appeler dès le réveil pour qu'elle soit rassurée. Ces derniers temps, elle n'allait pas bien, quand je l'ai interrogée, elle m'a dit qu'il l'embêtait. Je lui ai dit d'aller voir la police, de ne pas se laisser faire mais voilà, elle était tellement bonne qu'elle disait ne pas vouloir le salir. Et puis, elle était sûre qu'une plainte contre le député, ancien maire de la ville, serait classée, que ça ne servirait à rien.»

Une nouvelle vie

La pression s'intensifie un peu plus chaque jour. Aux visites intempestives rue des Pyramides à Thionville où vivait la jeune femme, se greffent les coups de fil incessants. De jour comme de nuit. «Elle disait qu'elle allait finir à Jury si cela continuait, se rappelle la maman. Elle ne voulait plus l'entendre, alors il a commencé à m'appeler à mon domicile. Il disait ne pas vouloir la laisser, qu'il ne pouvait pas. Il était comme fou. J'ai tenté à chaque fois de le raisonner mais rien n'y faisait et maintenant, nous l'avons perdue ». Christelle Gamberoni ne cache pas sa colère : «Jean-Marie Demange ne s'est pas juste suicidé. Avant d'en finir avec la vie, il a fauché une jeune femme qui recommençait la sienne, qui avait des projets. Ces derniers temps, elle avait rencontré quelqu'un. Ils devaient s'installer ensemble dans une nouvelle maison, avec les deux enfants. Karine était préoccupée par ce harcèlement mais elle était aussi sur un petit nuage. C'était beau à voir. Ses enfants étaient comblés. Aujourd'hui ils sont anéantis ».

Saada-G. SEBAOUI.

 

Par RAPHAEL BACQUE du journal LE MONDE www.lemonde.fr le 25/11/2008

 

Dans cette petite ville de 47 000 habitants, tous avaient vu depuis longtemps la lente dérive de Demange. Bien avant sa rupture sentimentale. Bien avant la défaite aux municipales qui, en mars, a achevé de le faire sombrer. "Que voulez-vous, dit-on dans les cafés, il était devenu fou..."

C'est pourtant un autre Jean-Marie Demange qui s'était présenté à leurs yeux une vingtaine d'années plus tôt. Un petit homme de 1,64 m, dynamique, intelligent et volubile. Médecin sans les manières bourgeoises. Ambitieux et fou de politique.

En 1985, il a pris au nom du RPR un canton de Moselle taillé pour la gauche. Un an plus tard, le voilà à l'Assemblée. Mais c'est Thionville qui l'intéresse. La cité sort à peine de profondes restructurations économiques entraînées par la crise de la sidérurgie. Le Luxembourg, à 20 kilomètres, offre de hauts salaires aux frontaliers, et la population recommence à s'embourgeoiser. Les communistes, qui tenaient la ville jusque-là, sont à bout de souffle. En 1995, Jean-Marie Demange la leur rafle.

Désormais, on le voit arpenter les rues en compagnie de l'architecte Jean-Michel Wilmotte, à qui il a réclamé la conception d'un nouveau centre piétonnier et la rénovation des façades. La ville en est transformée. Il est réélu haut la main en 2001. Mais son second mandat sera celui de sa dérive.

Jean-Marie Demange est craint et, croit-il, admiré. Il se sent tout-puissant. En 2002, à 60 ans, il a rencontré une jeune femme fraîchement divorcée. Fille de restaurateurs renommés des environs, restauratrice elle-même, Karine Albert a 37 ans. Elle est jolie, souriante et séduite par ce député et maire qui se montre charmant. Chiraquien de toujours, Demange l'emmène à la garden-party de l'Elysée et lui loue un appartement au coeur de Thionville, où elle emménage avec ses deux jeunes enfants. Toute la cité est bientôt au courant, mais personne ne s'offusque de voir le maire mener cette double vie, entre une épouse que chacun sait fragile et cette jeune femme que tous apprécient.

La rumeur tourne bien plus autour du comportement de plus en plus autoritaire de l'élu. Car Jean-Marie Demange dérive vers une autocratie dont les signes parviennent peu à peu aux habitants. Les employés rapportent les insultes, les humiliations, les pleurs qui scandent maintenant la vie de la mairie. L'édile ne supporte aucune contradiction. Exige l'impossible. Traite l'opposition avec le plus grand mépris. Dans les couloirs, on le surnomme "Telle est ma volonté"...

Il boit souvent plus qu'il ne devrait, aussi. S'autoprescrit des médicaments qu'il prend devant ses collaborateurs. Enchaîne les accrochages avec sa voiture de fonction, au vu et au su de tout le conseil municipal, chargé d'avaliser les factures. Multiplie les colères et, lorsque la tension est trop grande, fait d'inquiétants malaises. Dans son bureau, il a placé un plan de Thionville et cherche la rue, la place qui plus tard portera son nom. Mais, sur la porte de son bureau, il a fait apposer un petit écriteau "Défense d'entrer".

Rares sont ceux qui osent s'opposer à ses diktats. Son ancien secrétaire général à la mairie, Patrick Luxembourger, exaspéré par son agressivité, a quitté son cabinet avec fracas et s'est présenté contre lui aux législatives. "Le traître !", hurle Demange. Sur le plan politique, cependant, le maire paraît encore imbattable à Thionville. A quatre mois des municipales, son principal adversaire, Bertrand Mertz, un avocat socialiste d'une quarantaine d'années, a dû faire face à la dissidence de deux de ses colistiers. La gauche semble incapable de s'en relever.

Drapé dans ses certitudes, le maire sortant refuse de faire campagne. "Avec tout ce que j'ai fait pour la ville, ils voteront pour moi", lance-t-il à son premier adjoint, Jackie Helfgott. Personne autour de lui n'ose voir le danger. Le 16 mars 2008, Bertrand Mertz l'emporte pourtant avec 51,5 % des voix. La population, lassée des incartades de Jean-Marie Demange, lui a signifié, dans le secret des urnes, son congé.

Dès le lendemain, il ordonne la destruction des dossiers du cabinet. Les secrétaires, déboussolées, plongent dans la broyeuse l'ensemble des archives politiques de douze années de mandat. Le samedi suivant, refusant d'assister à la passation de pouvoir, il fuit la ville.

Désormais, Jean-Marie Demange est un homme hagard, le regard éteint. Il travaillait jusque-là douze heures par jour, entièrement pris en charge par son cabinet, qui gérait son agenda et rédigeait sa déclaration d'impôts. Il a le sentiment d'être happé par le vide de ses journées. Un médecin psychiatre lui a prescrit des antidépresseurs, mais sa vie est devenue sans attrait.

Karine Albert, elle, supporte de moins en moins bien les accès de colère puis de profonde mélancolie de cet homme, de vingt-deux ans son aîné. Elle veut rompre. Il tempête. Croit la retenir avec l'appartement dont le bail est toujours à son nom. Apprend pour finir qu'elle a un nouveau compagnon.

Tout lui paraît traîtrise. Son ancien adjoint, Jacky Helfgott, a pris la tête de l'opposition UMP à la mairie. Son ancien chef de cabinet, Daniel Payntar, a rejoint le cabinet de Patrick Luxembourger à la mairie de Terville. Il les voit comme des ennemis. Le 10 octobre, il revient bien au conseil municipal justifier une nouvelle fois son bilan passé. Mais, quelques jours plus tard, il confie à ses derniers proches : "J'ai envie de me suicider..."

On s'inquiète autour de lui. Son épouse, Christiane, demande aux anciens collaborateurs de passer. Alain Missoffe, à qui Demange a tenté de mettre le pied à l'étrier, mais qui a été battu aux législatives de 2007 par la socialiste Aurélie Filippetti, reçoit parfois en pleine nuit ses appels désespérés. Un ami rapporte que "Jean-Marie" lui a demandé : "Si je fonce en voiture dans un mur, crois-tu que l'airbag s'ouvrira ?" Marie-Jo Zimmermann, députée UMP de Moselle, le retrouve chaque mardi sur le quai de la gare de Metz pour Paris et l'entend répéter : "Je suis au fond du trou." On sonne le rappel du président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, de Jean-Louis Debré et des derniers grognards du chiraquisme. Le 11 novembre, Bertrand Mertz, prévenu à son tour, lui propose de déposer avec lui la traditionnelle gerbe au monument aux morts.

Il est trop tard, pourtant. Le 17 novembre, Jean-Marie Demange revient en ville. Il a rendez-vous avec Karine Albert pour une ultime explication. Il est armé d'un 7.65 Herstal datant de la seconde guerre mondiale. A-t-elle senti le danger ? Par deux fois, elle appelle son compagnon, qui, en réunion, a éteint son portable. Deux voisins raconteront la suite. Les hurlements, la dispute et la jeune femme qui tente de s'échapper sur le balcon. Demange l'immobilise d'une main. De l'autre, il tire sur elle deux balles à bout portant. Puis rentre dans l'appartement. Et retourne l'arme contre lui.

Raphaëlle Bacqué




CONCLUSION : vous noterez que nulle part dans la Presse et dans les Médias, il n'a été annoncé que la pauvre femme qui a été assassinée (employons les mots justes...), étaient également assistante parlementaire du DEPUTE et donc payée par des fonds publics dépendant de l'ASSEMBLEE NATIONALE !

Par dgsmairiemetierarisque - Publié dans : Prise de position !
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Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /2008 18:55
Du site www.aimervaujours.org

Recrutement du DGS de VAUJOURS 95 !

16 juillet 2008 · 2 commentaires

Pourquoi avons-nous voté CONTRE la délibération relative
au recrutement d’un Directeur Général des Services ?

Si la présence en mairie d’un DGS nous est immédiatement apparue comme indispensable, la nouvelle équipe étant bien loin d’avoir l’expérience et les acquis de l’ancienne, ce sont les conditions de son recrutement et de sa rémunération que nous avons trouvées inacceptables pour Vaujours.

Conditions de recrutement : des règles non respectées
S’agissant de fonctions administratives la priorité devait être donnée à un agent fonctionnaire, titulaire des diplômes et concours attestant de ses capacités à exercer ces fonctions et, seulement en dernier recours et après un délai de 4 mois et en l’absence de candidature acceptable, à un agent contractuel.

Pourquoi ce choix de prendre un contractuel :
serait-ce une “relation” de M. le Maire ?

On pourrait se poser la question tant la communication sur l’ouverture de ce poste a été discrète.

Conditions de rémunération : des règles ignorées
La délibération proposait de rémunérer le DGS comme un fonctionnaire de catégorie A - Attaché d’Administration Territorial -, mais de surcroît “Principal” et au dernier échelon de la grille indiciaire ce qui correspond à une ancienneté sur le poste d’une vingtaine d’années
Pour parler simplement, la délibération prévoyait de le rémunérer à environ 4000 € brut mensuel, montant maximum autorisé par la loi …
Pourquoi ne pas avoir attendu et jugé de son travail et de son efficacité avant de lui offrir un “pont d’or” au frais de la Ville ? ….
D’autant que l’on peut s’interroger sur la venue de ce postulant qui n’a pu obtenir cette fonction lors de ses engagements précédents par deux villes voisines bien plus importantes que la nôtre ?

Justifications apportées en conseil municipal
A nos interrogations sur la justification de ce montant, M. le Maire a précisé que le nouveau DGS faisait beaucoup d’heures et qu’en plus il préparait le concours d’attaché territorial.
Qui se présenterait à un concours qui vous ferait régresser et vous permettrait au mieux de percevoir 40 % du salaire que royalement la Ville de Vaujours s’engage à vous octroyer pendant un minimum de 3 ans ?
Et vous, le feriez-vous ? Revenir à 1 500 €, alors que vous êtes assuré de percevoir 4 000 € par mois ?

… Dernière nouvelle… Dernière nouvelle… Dernière nouvelle…

Aux dépenses supplémentaires engendrées par la rémunération du DGS, il faut ajouter celles liées au recrutement de sa secrétaire personnelle …

  • Sources :

- Emplois_fonctionnels_Evol_janv_08.pdf
- Décret n°87-1099 du 30 décembre 1987 portant statut particulier du cadre d’emplois des attachés territoriaux - NOR: INTB8700393D - version consolidée au 02 juin 2008 – Article 2 §3
- Loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale (1).modifiée – Article 41
- http://autonome77fpt.org/

 

Christine DAENEN

Conseillère municipale de Vaujours www.aimervaujours.org

Complément d'infos de l'équipe de direction de ce blog : coût annuel de ce recrutement environ 75 000 € annuels !
Un peu cher pour une commune de 5 000 habitants et un cadre pas expérimenté !

 

 

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